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Julie: Victime d'inceste

Julie avait 6 ans lorsqu’elle a été victime d’inceste. Son beau-père la réveillait au milieu de la nuit pour l’abuser sexuellement jusqu’à l’âge de 10 ans. La mère, travaillant de nuit, s’était inquiétée du comportement de Julie sans toutefois penser un instant qu’il était possible que son compagnon abuse d’elle. Ce sont les problèmes de comportement de Julie qui ont conduit son professeur à penser qu’elle avait peut-être subi des attouchements et à effectuer un signalement.

Réactions et symptômes :

Nerveuse et indisciplinée, Julie présentait des difficultés à moduler ses réactions émotionnelles. Par exemple, elle jouait parfois de manière brutale, hurlait souvent et avait par moments un comportement de séduction inapproprié. Par exemple, il arrivait à Julie de se déshabiller en la présence d’adultes connus ou inconnus et de bouger d’une manière sexuelle. Ces conduites tranchaient fortement avec certaines attitudes frondeuses et rejetantes vis-à-vis de ses figures d’attachement.

De même, lorsqu’elle jouait à la poupée, elle s’empressait de la déshabiller et de frotter un stylo contre le sexe de celle-ci. Elle pouvait reproduire ce geste plusieurs fois par jours. Julie dessinait également toujours le même dessin, représentant la scène de l’inceste.

Au coucher, Julie devenait ‘un vrai bébé’ selon sa mère, exigeant sa présence et son attention. Aussi, Julie présentait des problèmes d’énurésie (pipi au lit) et rapportait des douleurs pelviennes.

Aujourd’hui, Julie a 26 ans. Divorcée, elle a un compagnon, mais refuse de vivre avec lui. Récemment, sa fille a eu six ans. Depuis, les scènes d’abus sexuel sont revenues avec beaucoup plus d’acuité et de force dans l’esprit de Julie. Julie a décidé de consulter car elle a peur pour sa fille. Elle-même se sent tourmentée par ces images ‘sales’. Julie ne ressent pas de désir et se passerait volontiers de sexe si ce n’était des demandes de son partenaire.

L’avis du psychologue :

L’agression sexuelle de type inceste peut modifier durablement le style d’attachement. Julie, par exemple, est particulièrement méfiante et hostile vis-à-vis des hommes et éprouve des troubles de la sexualité. On note la résurgence de ses symptômes alors que sa fille arrive au ’même âge qu’elle’ lorsque l’inceste a commencé.

Événement traumatique et réponse péritraumatique

Julie a vécu une atteinte à son intégrité physique, et ce, de façon chronique. Julie a donc vécu un événement traumatique.

Trouble de stress post-traumatique

Julie a présenté suite aux agressions sexuelles des symptômes du trouble de stress post-traumatique étant enfant. Après à une relative accalmie, on note une résurgence de ses symptômes lors du sixième anniversaire de sa fille.

Pendant et après les événements traumatiques

  • Pensées intrusives et cauchemars : Julie revit la scène traumatique au travers de cauchemars ou encore d’images qui s’imposent à elle durant la journée.
  • Répétition : Il est assez courant de voir les enfants qui ont vécu un événement traumatique rejouer la scène en boucle. Cela peut être par le moyen de dessins, d’histoires ou de jeux.
  • Réactivité physiologique lors de l'exposition à des indices pouvant évoquer un aspect de l'événement traumatique en cause: Julie rapporte des troubles de la sexualité.
  • Troubles du comportement : Les enfants ayant vécu un événement traumatique de nature sexuelle présentent parfois un comportement brutal ou désorganisé ainsi qu’une attitude érotisée inappropriée.
  • Attitude régressive : Les enfants qui présentent un trouble de stress post-traumatique peuvent vivre une période de régression dans leur développement. Cela peut se manifester par l’énurésie, le fait de ne plus vouloir dormir seul ou sans lumière, ou encore par une demande constante d’attention de la part des parents.
  • Troubles de l’attachement : Julie a développé un style d’attachement ambivalent marqué par la séduction et l’hostilité.

A l’âge adulte

  • Réactivation des symptômes : Les troubles post-traumatiques peuvent être réveillés suite à une date anniversaire de la scène traumatique ou encore lors de la naissance du premier enfant lorsque la personne a été victime d’un inceste. La réactivation des troubles n’est toutefois pas systématique.

Mis à jour: 1/1/2010 | © info-trauma 2009