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Margaux: Terrorisme

Margaux faisait son marché quand un attentat est survenu. Elle était assez proche de l’explosion.

Réactions et symptômes :

Margaux choisissait ses légumes au moment où la bombe a explosé en plein marché. Cette bombe a fait des dizaines de morts à quelques mètres de Margaux. Soufflée par l’explosion, Margaux s’est retrouvée à terre, quelques étalages sur elle.

Elle a réussi à se lever quelques minutes après l’explosion. Elle était comme « déconnectée » du monde, elle n’entendait plus, ni ne réalisait ce qu’il s’était passé. Elle regardait sans comprendre le chaos autour d’elle et les dizaines de corps déformés, déhumanisés par l’impact de la bombe.

Margaux a ensuite marché, hagard, dans les rues sans savoir où elle allait. Au bout d’un moment, elle a distingué une forme humaine qui semblait lui parler, c’était un pompier. On l’a retrouvée recroquevillée dans une cabine téléphonique, couverte de cendres, de bouts d’os et de sang.

Plus tard, on a expliqué à Margaux que ses tympans avaient été crevés par l’explosion. Margaux ne sait pas comment elle s’est retrouvée dans cette cabine téléphonique.

Margaux ne supporte plus d’entendre parler de cet attentat. Elle voudrait l’oublier et vivre comme avant. Elle a du vendre sa télé; ils en parlaient trop. Elle évite également les conversations à ce sujet. Des journalistes l’on appelé à plusieurs reprises car elle est l’une des rares survivantes de cet attentat. Depuis, elle ne répond plus au téléphone. Tout ce qui lui rappelle l’accident l’angoisse à un tel point qu’elle en tremble et a des sueurs. Alors elle fait tout pour ne pas y penser. Malgré tout, des images de corps morcelés ou de visages déformés s’imposent à elle dans la journée.

Vivant seule, Margaux cherche à s’isoler davantage car tout lui rappelle l’attentat. Elle pense souvent qu’une seconde encore avant l’explosion, tout le monde était détendu et que certains mêmes riaient. Aujourd’hui, Margaux ne croit plus en la bienveillance de l’humanité et sursaute dès qu’elle entend un bruit un peu vif.

Elle ne peut plus supporter d’être dans une foule et évite d’aller dehors dès que c’est possible. Un mois après l’attentat, Margaux était dans la rue et des enfants du quartier ont fait exploser des pétards. Margaux s’est alors jetée contre une voiture stationnée pour se protéger.

L’avis du psychologue :

L'attentat terroriste illustre un événement de type collectif. Les dégats causés par ce type d'événement et le fait de vivre un événement traumatique collectivement et soudainement est assez particulier. Ainsi, un quartier, une ville (catastrophe industrielle), voire une région (catastrophe naturelle) peuvent être touchés.

Événement traumatique et réponse péritraumatique

Margaux a vécu un événement traumatique. Elle a vécu un événement où des personnes sont mortes et où elle aurait pu mourir.

Elle a également présenté une réponse péritraumatique dissociative au moment où elle regardait sans comprendre. C’est comme si, un bref instant, elle avait été spectatrice de ce désastre.

Elle ne se souvient également plus de ce qu’il s’est passé. C’est comme si la mémoire n’avait pas enregistré ce qu’il s’est passé juste après l’attentat.

Margaux a ensuite marché et s’est réfugiée dans une cabine téléphonique de façon non réfléchie.

Trouble de stress post-traumatique

Margaux présente depuis l’accident différents symptômes du trouble de stress post-traumatique :

  • Impression de revivre le trauma : Il lui arrive d’agir comme si l’événement était en train de se reproduire. Margaux est extrêmement angoissée lorsque quelque chose lui rappelle l’événement. Elle peut même avoir une réaction physiologique (sueurs, tremblement, etc.) dans de tels moments. Margaux voit également des images de visages déformés ou de corps morcellés s’imposer à elle dans la journée.
  • Evitement : Margaux s’isole et évite tout ce qui peut lui rappeller l’événement (personnes, situation, téléviseur, telephone). Margaux ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé juste après l’attentat et de comment elle est arrivée dans cette cabine téléphonique.
  • Emoussement : Margaux s’isole, ne recherche pas la compagnie des autres et même, ne croit plus en l’humanité.
  • Hypervigilance : Margaux est toujours sur ses gardes. Elle pense qu’un attentat peut surgir à tout moment et se vit continuellement en insécurité. Elle sursaute au moindre bruit vif.

Trouble associé

  • Phobie des foules : Margaux est angoissée à l’idée de se retrouver dans une foule. Elle a peur d’étouffer et panique de peur qu’une bombe explose.

Mis à jour: 1/1/2010 | © info-trauma 2009