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Sarah: Viol à l'âge adulte

Sarah a 34 ans et elle est mariée. Sarah ne travaille jamais le lundi et reste la plupart du temps seule chez elle. Un lundi d’été où elle écoutait de la musique un peu fort, son voisin d’en face est entré chez elle pour lui demander de baisser le son. Elle n’avait pas fermé à clé. Il l’a surprise nue dans son salon et a pris cela pour des avances. Elle s’est débattue mais il l’a violée.

Réactions et symptômes :

Depuis, Sarah ressent de la honte et de la culpabilité. Elle regrette d’avoir écouté de la musique trop fort et encore plus d’avoir laissé sa porte ouverte. Elle se dit aussi qu’elle n’a peut-être pas été assez persuasive quand son voisin l’a découverte nue et qu’il a commencé à abuser d’elle. Mais tout cela n’est rien à côté de la honte qu’elle ressent de dire qu’elle était nue chez elle en pleine journée. Sarah pense que tout est de sa faute.

Elle n’ose plus se regarder dans le miroir et se sent sale. Sarah se sent stupide et s'isole des autres progressivement, même de son mari ou de ses enfants qui tentent de l’aider.

Sarah repense constamment à la scène du viol et fait différents scénarios. Elle n’arrive plus à accomplir ses activités habituelles, car tant de choses lui rappellent le viol.

Elle ne supporte plus que son mari la touche depuis le viol. Elle est persuadée qu’elle ne sera plus jamais la même, qu’elle est détruite et qu’elle ne fera plus jamais l’amour. Elle a pris beaucoup de poids depuis le viol et ne s’habille plus jamais en robe, ni ne se maquille.

Sarah souhaite aujourd’hui déménager bien que son voisin ait été arrêté par la police. Elle ne se sent plus en sécurité chez elle et il lui est très pénible de rester seule le lundi. Sarah n’a plus goût à rien, parle peu et a des idées suicidaires.

L’avis du psychologue :

Sarah a été victime de viol. Il s'agit du type de trauma le plus fréquent chez les femmes. Cet événement laisse des séquelles particulières et profonde chez plusieurs victimes. Comme le montre le comportement de Sarah, le traumatisme atteint directement la confiance que l’on accorde à autrui. Les rapports interpersonnels deviennent empreints de danger. Les femmes abusées sexuellement comme Sarah ont souvent davantage de difficultés relationnelles, ce qu'on retrouve peu ou pas chez les victimes de catastrophe naturelle, par exemple.

Événement traumatique et réponse péritraumatique

Sarah a subi une atteinte à son intégrité physique. Pendant le viol, elle a ressenti de l’impuissance et de l’horreur. Sarah a donc vécu un événement traumatique.

Trouble de stress post-traumatique

Sarah présente depuis le viol des symptômes de troubles de stress post-traumatiques :

  • Pensées intrusives : Sarah a des images du viol qui s’imposent à elle pendant la journée.
  • Honte et culpabilité : Ressentir ces deux sentiments est très fréquent chez les victimes d’agression sexuelle.
  • Troubles de la sexualité : Les victimes de viol présentent souvent des troubles de la sexualité.

Troubles associés

  • Dépression : Sarah refuse progressivement tout contact avec les autres, y compris les membres de sa famille. Elle n’a plus le goût à aucune activité et a un sentiment d’avenir bouché. De nombreuses victimes vont présenter des symptômes de dépression.
  • Idées suicidaires : Sarah a vécu lors du viol une véritable « mort psychique » et a envie à cet instant de mourir, n’ayant pas l’impression que cela puisse évoluer.
  • Troubles alimentaires : Sarah cherche à ne plus être désirable sexuellement auprès d’un homme. Pour cela, elle a pris beaucoup de poids, ne s’habille plus en robe et ne se maquille plus jamais.

Mis à jour: 1/1/2010 | © info-trauma 2009